Elle pleure.
Elle pleure un monde incendié, brûlé.
Sa vie est flamme et brasier. Elle a tout perdu dans cet incendie où des sœurs, des cousines ont disparu. Englouties au feu ravageur de ce monde indécent.
Sa vie est cendres et fumée, halo gris chagrin, halo bleu désespoir.
Elle a tout perdu...
Elle dormira dans un foyer, pour quelque temps au dire des toutous journalistes, caniches des pouvoirs corrompus à l'art du camouflage. Demain on aura vite balayé de nos écrans les larmes de cette femme qui sera vite oubliée de foyers en foyers. On déplace sans cesse les problèmes pour ne pas oser la vérité.
Parce qu'ici, il faut oser la vérité.
Ces immeubles brûlés rapportent aux propriétaires bien plus ainsi que lorsqu'ils étaient « occupés ». Quand ils étaient étouffés de misère, ils pouvaient être saisis par la Mairie qui pouvait prendre un « arrêté d'insalubrité ou de péril », conformément aux dispositions de la loi « Vivien » qui permet aux collectivités territoriales de prendre des arrêtés d'expropriation ; Mais un immeuble vidé de son malheur c'est assurément le jackpot pour les sociétés immobilières qui ont acheté ces immeubles pour trois fois rien. Ces immeubles dans des quartiers en proie à la flambée des prix du mètre carré peuvent donner des envies.
Des envies de mettre le feu par exemple. Nul doute que ces incendies ont une base criminelle.
Oser la vérité c'est dire à qui profite le crime.
Oser la vérité c'est une fois de plus dénoncer la Loi comme principe de malheur quand elle permet la spéculation.
On ne spécule pas avec le vivant, on ne spécule pas avec la misère.
Mais je viens sûrement d'une autre planète. Je suis sûrement un de ces cosmonautes qui découvre sa « planète des singes ». Mais ici les singes sont comme vous et moi, humains, tellement humains, humains, trop humains...