Comme le vent du soir
Sur les faux que les moissonneurs ont à l'épaule,
L'ange va doucement,
Sur le tranchant innocent des douleurs
Il se tient des heures durant
Au côté du cavalier ténébreux,
Il va du même pas
Que les sentiments sans nom
Il se dresse comme une tour au bord de la mer,
Disposé à durer infiniment,
Ce que tu sens c'est Lui, c'est Elle,
Malléable au plus profond de l'inflexibilité,
Afin que la roche de détresse,
La Druse étroite des larmes
Où il n'y a plus d'eau depuis longtemps
Se résolve en améthystes...
Rainer Maria Rilke Poèmes à la nuit