La fuite est l'engendrement de l'espace sans refuge. La fuite, seulement fuit, mouvement indéfini qui se dérobe, se dérobe et ne laisse rien où l'on puisse se dérober...
Mise à nue, "Dévêtissement", où dans la foule, "l'être" est de fuite parce que son appartenance à la fuite le fait foule. Etre foule, multiplicité impersonnelle, non-présence sans sujet, ainsi je me déshabille pour n'être que cet "être" dissout dans "sa" fuite. Dans la foule fuyante, mon "moi" vide s'y défait et reste solitaire, sans appui, sans contour. Ainsi Egon Schiele fuyait un monde hostile, immense solitude de fuite, précipice. La parole plurielle dans sa peinture en vérité ne "parle" pas, mais fuit celui qui "parle" et l'entraîne à fuir plus rapidement qu'il ne fuit.
Fuite stationnaire, fuite visionnaire, peinture peuple, peinture fuyante, immensité désorientée, mouvement foule, Egon Schiele est retournement. En sa peinture je me fuis, je fuis ce monde et retourne cet enfer, rend possible une liberté. La liberté, cet intervalle entre deux portes...