Je suis pris dans cette contradiction : d'une part, je crois connaître l'autre mieux que quiconque et le lui affirme triomphalement : "moi, je te connais". Il n'y a que "moi qui te connaisse bien", et d'autre part je suis souvent saisi de cette évidence : l'autre est impénétrable, introuvable, intraitable, je ne puis l'ouvrir, remonter à son origine, défaire son énigme. D'où vient-il ? Qui est-il ? Je m'épuise, je ne le saurai jamais... Roland BARTHES