Francis BACON - L'hystérie
L'unité rythmique de sens chez Bacon ne peut être découverte qu'en dépassant l'organisme. Le corps vécu est insuffisant et bien peu de chose par rapport à une puissance plus profonde et presque invivable dans l'œuvre de Bacon. L'unité du rythme nous ne pouvons la chercher que là où le rythme lui-même plonge dans le chaos, dans la nuit et où les différences de niveau sont perpétuellement brassées avec violence.
Il y a en cette peinture ce que Artaud a découvert et nommé « corps sans organes ». « Le corps est le corps il est seul Et n'a pas besoin d'organes Le corps n'est jamais un organisme Les organismes sont les ennemis du corps ». C'est un corps intense, intensif. Il est parcouru d'une onde qui traverse l'œuvre et trace dans les corps des niveaux ou des seuils d'après les variations de son amplitude. La sensation n'est plus qualifiée, qualitative (bien ou mauvais) elle n'a qu'une réalité intensive qui ne détermine plus des données représentatives, mais des variations allotropiques (variations qui révèlent l'existence de plusieurs états sous lesquels un corps peut se présenter). La sensation est vibration.
Le jugement ici importe peu. C'est flou, c'est vague, etc...
La sensation quand elle atteint le corps prend une allure spasmodique, excessive ; La sensation est la rencontre de l'onde avec le corps, « athlétisme affectif » disait Gilles Deleuze. Cri-souffle. Concepts Deleuziens. Le visage humain n'a pas encore trouvé sa face.
L'identité d'un « déjà-là » et d'un « toujours en retard » dans la présence excessive. Une présence qui agit le système nerveux et rend impossible la mise en place d'une représentation. Distanciation hystérique, danger d'une peinture clinique qui se propose de dégager les « présences » sous la représentation, par delà
la représentation. C</personname />'est une hystérie de
la peinture. Avec</personname /> la peinture l'hystérie devient art.
Ces lignes sont inspirées de Gilles DELEUZE, Francis Bacon la logique de la sensation aux éditions de la différence.
</em /></em /></em /></em /></em />Pour ceux que l'inquiétude de l'œuvre de Francis Bacon possède je recommande cette lecture de Michel Leiris :</em /></em /></em /></em /></em /></em /></em /></em />
Françis Bacon ou la brutalité du fait, Michel Leiris, L'école des Lettres/Le Seuil