« Est-on innocent parce qu'on ne sait pas? Un imbécile assis sur le trône est-il déchargé de toute responsabilité du seul fait que c'est un imbécile? »
L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera
Milan Kundera débute ainsi « Lorsque le coeur a parlé, il n'est pas convenable que la raison élève des objections. Au royaume du kitsch s'exerce la dictature du coeur. Il faut évidemment que les sentiments suscités par le kitsch puissent être partagés par le plus grand nombre. Aussi le kitsch n'a-t-il que faire de l'insolite ; il fait appel à des images clés profondément ancrées dans la mémoire des hommes : [des enfants au cou de leur père, le retour d'une fille prodigue, des captifs recouvrant la liberté, la patrie unie, le souvenir d'épreuves difficiles.] Le kitsch fait naître coup sur coup deux larmes d'émotion. La première dit : Comme c'est beau, [des captifs recouvrant la liberté!] La deuxième larme dit : Comme c'est beau, d'être ému avec toute l'humanité à la vue [de captifs recouvrant la liberté!]
Seule cette deuxième larme fait que le kitsch est le kitsch.
La fraternité de tous les hommes ne pourra être fondée que sur le kitsch »
« L'immortalité » un de ses derniers romans m'a déçu. Depuis je préfère garder le « goût » de ses premières œuvres. Le livre du rire et de l'oubli, la plaisanterie, avec, l'insoutenable légèreté de l'être, restent à mon sens ses romans les plus intéressants, les plus chargés de Kitsh, les plus aboutis. Mais je me trompe peut-être, il y a des émotions que l'on rencontre en certaines œuvres que l'on voudrait systématiquement recouvrer dans les suivantes. Ma déception vient peut être de ce que j'attendais toujours plus. Eternelle insatisfaction de l'être, insoutenable légèreté...