Vladimir Vladimirovitch Mayakovski (Ou Maïakovski, ou Mayakovsky) né en 1893 à Bagdadi (aujourd'hui renommée Maïakovski) a été un des fondateurs du futurisme russe. Poète, dramaturge, acteur, théoricien, peintre, affichiste mais aussi scénariste. Issu d'une famille modeste, il s'installe à Moscou en 1906, après la mort de son père. Il adhère au Parti social démocrate (bolchévique) à 15 ans, participe aux manifestations révolutionnaires de 1905. Il est arrêté 2 fois et fait de la prison. Maiakovski</personname /> commence sa carrière littéraire à l'âge de 18 ans. Sa première tragédie intitulée Vladimir Maiakovski est montée à Saint-Pétersbourg en 1913, elle sera copieusement sifflée. Il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste après sa rencontre avec le poète et peintre David Bourliouk qu'il a connu en 1911. Tout en exploitant cette nouvelle poésie, il atteint les sommets du lyrisme dans "La Flûte en colonne vertébrale" ou dans le "Nuage en pantalon", véritable manifeste du futurisme, inspiré également de sa relation trouble avec Lyli Brik (sœur d'Elsa Triolet) qu'il a rencontré en 1910. De retour à Moscou et après la révolution d'Octobre 1917, qu'il accueille d'abord favorablement, il utilise son talent au service du pouvoir politique, notamment dans le poème « Lénine ». Il écrit également deux pièces satiriques : "La Punaise" (1920) et "Les Bains publics" (1929), ainsi que "Le mystère bouffe" pièce traitant de la Révolution d'une façon épique. Déçu dans sa vie sentimentale, déçu par la révolution à laquelle il avait activement participé, il se suicide à l'âge 37 ans en 1930, d'une balle de revolver en plein coeur. Il rédigea ainsi sa propre épitaphe : « La barque de l'amour s'est brisée contre la vie courante. Comme on dit, l'incident est clos. »
Mais peut être
Ne reste t'il
Au temps caméléon
Plus de couleurs ?
Encore un sursaut
Et il retombera,
Sans souffle et rigide.
Peut être,
Enivrée de fumées et de combats,
La terre ne relèvera t'elle jamais la tête ?
Peut être,
Un jour ou l'autre,
Le marais des pensées se fera cristal
Un jour ou l'autre,
La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,
Au dessus des cheveux cabrés d'épouvante
Elle tordra ses bras, gémissante
Peut être...
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
C'est qu'elles sont à
Quelqu'un nécessaires?
C'est que quelqu'un désire
Qu'elles soient?
C'est que quelqu'un dit perles
Ces crachats?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
Il fonce jusqu'à Dieu,
Craint d'arriver trop tard, pleure,
Baise sa main noueuse, implore
Il lui faut une étoile!
Jure qu'il ne peut supporter
Son martyre sans étoiles.
Ensuite,
Il promène son angoisse,
Il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un : " Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas?
T'as plus peur ? Dis ? "
Écoutez !
Puisqu'on allume les étoiles,
C'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
C'est qu'il est indispensable,
Que tous les soirs
Au-dessus des toits
Se mette à luire seule au moins une étoile?
Maïkovski (vers et proses)