Déchirant la ressemblance, Francis Bacon renvoie Michel Leiris à sa propre logique du sang. La peinture de Bacon aux formes exsangues, aux pieds des crucifixions, figures mythologiques dégradées par l'épanchement des intérieurs, le cri, la bouche, le renversement, la sexualité-seringue, les chairs-lavabos, "photo" toujours truquée, déformée, décalage du mythe, enfance louche. Le mythe surtout. "Si on en trouvait un de valable" ne cessait de répéter Bacon, "ça pourrait être utile", incessant retour aux abattoirs. "J'ai toujours été touché par les images relatives aux abattoirs et à la viande" confiait Bacon. Peinture-abattoir qui abat l'arbre souffrance, le peuplement rouge de nos existences défrichées par le malheur.